Depuis le 14 juin, on voit passer à l'atelier des maquettes d'étiquettes de miel qui ne sont plus conformes, et souvent leurs propriétaires ne le savent pas. La réglementation a changé : la directive européenne dite « petit-déjeuner » et son décret d'application imposent de nouvelles mentions sur les pots de miel et de confiture, à commencer par l'origine du miel écrite en toutes lettres. On imprime des étiquettes à Nantes depuis 1999, alors on a rassemblé ici ce qu'il faut vérifier avant de relancer une impression.
Guide vérifié et mis à jour le 8 septembre 2026 — réglementation en vigueur depuis le 14 juin 2026
On est imprimeurs, pas juristes : ce guide vous donne les repères pratiques, avec les textes officiels en source. Pour un cas particulier, la FAQ de la DGCCRF fait référence, et votre syndicat ou votre chambre d'agriculture connaît votre situation mieux que nous.
Ce qui a changé le 14 juin 2026
Le décret n° 2026-312 du 24 avril 2026 a transposé la directive européenne 2024/1438. Voilà ce qui change concrètement pour vous.
- Miel : le ou les pays d'origine doivent être écrits en toutes lettres sur l'étiquette. Pour un mélange, chaque pays apparaît dans l'ordre décroissant avec son pourcentage, dans le champ visuel principal. Le fameux « mélange de miels originaires et non originaires de l'UE », c'est terminé.
- Miel : la dénomination « miel filtré » disparaît.
- Confiture : la teneur minimale en fruits monte à 450 g par kilo en règle générale, et à 500 g pour la confiture extra.
- Confiture : la mention « teneur totale en sucres : x g pour 100 g » n'est plus exigée, le tableau nutritionnel l'ayant rendue redondante.
- Vos stocks : les pots étiquetés avant le 14 juin 2026 selon l'ancienne règle peuvent être vendus jusqu'à épuisement. Pas besoin de sur-étiqueter l'existant, mais la prochaine impression doit être conforme.
La check-list de l'étiquette de miel
Sept mentions à vérifier avant de valider une maquette. C'est la liste qu'on passe en revue quand un apiculteur nous envoie son fichier.
| Mention | Comment l'écrire |
|---|---|
| Dénomination de vente | Un terme réglementaire : « miel », « miel de fleurs », « miel de miellat », ou une origine florale exacte comme « miel de lavande ». L'origine florale annoncée doit correspondre à ce qu'il y a vraiment dans le pot. |
| Origine | Le pays en toutes lettres : « Origine : France ». Pour un mélange, chaque pays avec son pourcentage, dans l'ordre décroissant, dans le champ visuel principal : « Espagne 40 %, Ukraine 30 %, Argentine 30 % ». Une tolérance de 5 % par pays est admise, calculée sur vos documents de traçabilité. |
| Quantité nette | En grammes ou en kilogrammes. |
| Date de durabilité minimale | « À consommer de préférence avant le… » ou « avant fin… ». |
| Responsable | Nom ou raison sociale et adresse de celui qui met le produit sur le marché. Vous, le plus souvent. |
| Numéro de lot | Sauf si la DDM en jour et mois en tient lieu. |
| Info-tri | Le logo Triman et les consignes de tri sont obligatoires, même pour un petit producteur. Il faut être inscrit auprès d'un éco-organisme agréé (Citeo ou Adelphe), qui vous fournit les éléments graphiques après inscription. |
À quoi ça ressemble sur le pot
Miel de fleurs1
Origine : France2
250 g3
À consommer de préférence avant fin : 06/20284
Lot 2026-145
Rucher du Val de Loire
12 chemin des Acacias, 44300 Nantes6
♻ Pot en verre → bac verre · Couvercle → tri7
- 1Dénomination réglementaire, conforme au contenu réel du pot
- 2Pays en toutes lettres. Pour un mélange : chaque pays et son pourcentage, ordre décroissant, dans le champ visuel principal
- 3Quantité nette en g ou kg
- 4Date de durabilité minimale
- 5Numéro de lot, sauf si la DDM jour et mois en tient lieu
- 6Nom et adresse de l'exploitant
- 7Info-tri Triman, via votre éco-organisme (Citeo, Adelphe)
Producteur fictif, mise en page indicative : la réglementation impose les mentions, pas leur disposition, à l'exception de l'origine qui doit rester dans le champ visuel principal.
Ce qu'on ne peut pas écrire sur un pot de miel
Certaines formules valorisantes sont interdites et exposent à des sanctions lors des contrôles de la DGCCRF. Les deux qu'on nous demande le plus souvent d'imprimer, et qu'on refuse : « pur miel » et « 100 % miel ». Le miel est par définition un produit pur, sans additif possible, donc la mention est jugée trompeuse. La dénomination « miel filtré » n'existe plus. Et en France, « marmelade » reste réservé aux agrumes : une « marmelade de fraises » n'a pas le droit d'exister sur une étiquette.
Dernier cas particulier : un miel destiné à l'industrie doit porter la mention « destiné exclusivement à la cuisson ».
La check-list de l'étiquette de confiture
| Mention | Comment l'écrire |
|---|---|
| Dénomination de vente | « Confiture de… », complétée par le ou les fruits utilisés, dans l'ordre décroissant de leur importance pondérale. |
| Teneur en fruits | « Préparée avec x g de fruits pour 100 g ». Le minimum légal est désormais de 45 g de fruits pour 100 g de confiture, 50 g pour la confiture extra, avec des seuils particuliers selon les fruits. |
| Liste des ingrédients | Dans l'ordre décroissant, allergènes mis en évidence. |
| Déclaration nutritionnelle | Le tableau nutritionnel classique. C'est lui qui remplace l'ancienne mention de teneur en sucres, supprimée au 14 juin 2026. |
| Quantité nette, DDM, responsable, lot, Info-tri | Mêmes règles que pour le miel, voir la check-list au-dessus. |
La taille des caractères compte aussi
C'est le point que tout le monde découvre au moment de la maquette. Les mentions obligatoires doivent être imprimées avec une hauteur de x, c'est-à-dire la hauteur d'un x minuscule, d'au moins 1,2 mm. Sur les petits emballages dont la face la plus grande fait moins de 80 cm², le minimum descend à 0,9 mm. Sur une étiquette de pot de 250 g, entre l'origine, la DDM, l'adresse et l'Info-tri, la place part vite : mieux vaut le prévoir dès la maquette que de s'en apercevoir au contrôle du fichier.
Et côté impression ?
Une fois la maquette conforme, trois questions qu'on pose systématiquement avant de lancer une impression d'étiquettes de pots.
Le support. Un pot stocké en cave, vendu sur un marché sous la pluie ou manipulé les mains collantes de miel, ça vit. Un papier couché simple peut marquer à l'humidité ; un papier renforcé ou un vinyle tiennent mieux. On vous conseille selon votre circuit de vente.
Le format. Mesurez la surface réellement plane de votre pot : une étiquette qui chevauche l'épaule du verre finit toujours par gondoler, et c'est la première cause de déception qu'on voit passer.
La quantité. Nos étiquettes personnalisées en bobine démarrent à 25 exemplaires. À ce niveau, vous pouvez étiqueter une petite récolte ou tester une nouvelle recette sans immobiliser deux ans de stock d'étiquettes, et réimprimer quand la réglementation bouge, comme cette année.
Dans tous les cas, votre fichier passe entre les mains de l'atelier avant impression, et une forme particulière, ovale, écusson, contour du logo, se découpe sans supplément de gabarit. Un doute sur la conformité de votre étiquette actuelle ? Envoyez-nous votre maquette, on vous dit ce qui doit bouger avant réimpression, réponse sous 24 h ouvrées, et c'est sans engagement.
Les textes de référence
- Directive (UE) 2024/1438 du 14 mai 2024, dite « petit-déjeuner »
- Décret n° 2026-312 du 24 avril 2026, entré en vigueur le 14 juin 2026
- Règlement (UE) n° 1169/2011 (INCO) sur l'information des consommateurs
- FAQ de la DGCCRF sur les produits du petit-déjeuner